Une politique économique à visage humain

17 janvier 2011 Economie sociale et solidaire

Depuis le premier mai 1968, date officielle de création des Hauts-de-Seine, l’essor économique de notre département ne s’est jamais démenti. Avant même que leurs homologues de la petite couronne ne se penchent sur la question, les élus de la majorité départementale du conseil général, par la voix de leurs présidents successifs, se sont employés à rechercher les moyens de compenser la disparition progressive et inéluctable des emplois industriels. Ils se sont saisis de tous les moyens à leur disposition pour promouvoir l’attractivité de notre territoire en direction des grandes entreprises du secteur de l’économie marchande et de celui des services. Notre département, mieux que les autres, a ainsi réussi à maintenir un taux d’emploi supérieur à tous les autres départements de la petite couronne. Quarante années de politique volontariste ont permis de faire des Hauts-de-Seine une puissance économique de premier plan.

Pourtant, parallèlement à cette dynamique, s’est développée « à bas bruit » une offre complémentaire de services qui est venue, pas à pas, compléter le vivier d’emplois départemental. Cette offre résulte de l’implantation sur notre territoire d’entreprises du secteur de l’économie sociale et solidaire.

Mon propos n’est pas ici d’expliquer en quoi ce secteur de l’économie se distingue des autres. Tout alto-séquanais a pu, un jour, bénéficier de ses services : la plupart des chèques déjeuners, peut-être notre banque, notre mutuelle, notre assurance mais aussi la maison de quartier, l’association sportive ou le club de danse de nos enfants en font partie. Et chaque année, sans vraiment en avoir conscience, nous faisons davantage appel aux entreprises qui le constituent : aujourd’hui notre formation, demain une aide à domicile, après-demain la gestion de la dépendance de nos anciens…

C’est pour cela que j’ai souhaité voir l’assemblée départementale se saisir de la question de l’avenir de cette composante de notre économie.

Depuis près d’un an, un groupe de travail se réunit régulièrement au conseil général. Sa mission : explorer toutes les initiatives devant permettre de renforcer l’essor de ce secteur et donc de favoriser une politique de promotion de l’emploi social.

D’ores et déjà, plusieurs résolutions ont été prises : inclure des clauses sociales dans 10 % des marchés publics départementaux, promouvoir à hauteur de 6 M€ l’insertion par l’économique, accompagner le développement du micro crédit, organiser le premier forum départemental du secteur…

Aujourd’hui se tient la première réunion du conseil départemental de l’économie sociale et solidaire. Elle a pour objet d’en définir les objectifs opérationnels, les ressources en expertise et les méthodes de travail à retenir.

Car nous irons très loin dans l’action : dans une économie mondialisée, le territoire devient paradoxalement le principal théâtre des initiatives sociales et solidaires. Nous devons créer les conditions qui permettront d’offrir à tout porteur de projet les moyens de concrétiser ses idées.

Le dynamisme de notre département réclame de nouveaux leviers pour inscrire durablement l’économie sociale et solidaire dans le paysage alto-séquanais. Je souhaite que l’occasion nous soit donnée d’encourager l’installation, sur des sites stratégiques du département, d’incubateurs et de pépinières d’entreprises solidaires.

Il est grand temps que les Hauts-de-Seine renouent avec ce qui a fait sa renommée : une politique économique à visage humain.

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Commentaires (13)

 

  1. Vincent Foalem dit :

    Bonne idée d’imposer des clauses sociales dans les marchés publics départementaux. Mais il faudrait surtout remettre en oeuvre dans les Hauts-de-Seine une politique économique « gaulliste » à visage humain.

    • Jean Sarkozy dit :

      Par définition, le gaullisme est à visage humain… Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est que nos intiatives soient concrètes et directement conçues au service de ceux qui doivent en bénéficier. C’est la raison pour laquelle le conseil départemental qui vient d’être créé va se réunir de façon régulière, et aura pour mission de valider les projets qui lui seront transmis.

  2. Marie dit :

    c’est une bonne réponse à la crise. les français attendent que l’on est une approche économique différente

    • Jean Sarkozy dit :

      Vous avez raison ! Et même si l’économie sociale existe depuis le 19ème siècle, elle incarne aujourd’hui les aspirations de beaucoup de nos concitoyens : un meilleur équilibre entre capital et travail. Ce que le général de Gaulle avait imaginé en défendant le principe de « participation » (dont l’économie traditionnelle s’est timidement emparée)…

  3. Olivier Messager dit :

    Merci d’avoir enfin mis sur le devant de la scène la réalité de l’action du Conseil Général, action que nous voulons montrer et défendre a l’occasion des prochaines élections cantonales, et tout particulièrement a Colombes.
    Olivier Messager – Colombes

    • Jean Sarkozy dit :

      En matière d’ESS, l’action du Conseil général est encore insuffisante. Il faut bien faire comprendre à nos concitoyens que le développement de ce secteur est un enjeu stratégique qui doit dépasser les clivages politiques. Les élus de la majorité de ce département ont, depuis longtemps, fait la démonstration de leur engagement pour le social. Il faut désormais rappeler la complémentarité entre l’économie et la solidarité. Malheureusement, la solidarité est toujours pénalisée lorsque l’économie tourne au ralenti.

  4. Nat dit :

    Enfin une intervention d’un élu digne de la politique économique et sociale qui a fait de notre département ce qu’il est devenu. Je ne vous connais pas, mais je vous souhaite de réussir à redonner aux Hauts de Seine le souffle qu’ils ont perdu.

    • Jean Sarkozy dit :

      Je ne veux pas prendre une posture polémique… ce département fait beaucoup avec les moyens dont il dispose… cela dit, je crois qu’il peut faire mieux en termes de politique active pour l’économie et l’emploi, en termes de création d’activités et d’entreprises solidaires. Il y a dans les Hauts-de-Seine beaucoup d’initiatives que nous devons accompagner, et je veux m’engager dans cette voie car je la crois juste et équitable.

  5. Emeric dit :

    bonne continuation

    • Jean Sarkozy dit :

      C’est sympa, mais ça ne se fait pas tout seul ! Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues ! N’hésite pas à faire des propositions, je voudrais que ce blog soit interactif et qu’on échange sur des idées pratiques.

  6. Michel Tessier dit :

    Bravo Jean pour cette initiative pleine d’avenir, a l’heure ou des destinations de production particulièrement dans le textile comme le Maghreb et la Turquie se fragilise et la Chine perd de plus en plus sa compétitivité en augmentant ses prix de fabrications, une économie de solidarité en France avec une incitation fiscale et sociale pourrait être le début d’une relocalisation d’une partie de de la production des entreprises Françaises redonnant tout sa valeur au label « Fait en France ».
    Il serait bon en effet de poursuivre dans cette voie.
    Amitiés
    Michel

  7. Jean Sarkozy dit :

    Bonjour Michel !
    Je suis d’accord avec ton point de vue, mais je me garde bien de croire que la démarche départementale va à elle seule influencer la progression du PIB de la France ! Avec les membres du CD ESS, nous essayons de doper les porteurs de projets qui oeuvrent sur le territoire des Hauts-de-Seine… Notre prétention se limite à réussir le pari d’une explosion de la création d’activités dans l’économie solidaire alto séquanaise. A l’Etat de s’emparer de notre méthode si le coeur lui en dit…

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